Sensationnel ? Universel.

Seule la beauté peut sauver le monde (Dostoïevski)

22 avril 2010

"Entre l'inhumain et le surhumain, il me reste peu de place pour être simplement humain..." (F.H.)

Poème explicatif de l'article :
Le compte des bleus, le comte noir, un conte du soir

Cet article est divisé en deux parties.
La courte introduction consiste en une critique musicale de Placebo.

La seconde, constituant de loin le plus long article de ce blog, en constitue l'un de ses textes majeurs.
La prophétie du Sensationnel.

Votre humble narrateur vous souhaite une bonne lecture.

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Ou, à quinze secondes, la plus esthétique victoire d'un fougueux baroque qu'il m'ait été donné de voir en dehors des articles d'Aurevilly et des concerts de David Bowie. Impressionniste dans le sens ou cette victoire est celle d'un Brian Molko résolument seul face à une plèbe flatteuse. Assez pour illustrer un tableau, d'où l'impressionnisme. Seul, généreux génie gêné et en même temps... Insolent, un peu ennemi de la foule qu'il pousse pourtant à frapper dans les mains sur un rythme qu'il dicte, qu'il écrit, compose et chante, tyran qui assume le petit fascisme de toute démarche artistique. Lui qui illustre assez bien Dorian Gray (car il le sera peut être, son absolutisme du paraitre et son incontestable, admirable culture aidant. Une pour laquelle, entre autres, on le courtise !) faire chavirer le cœur de la foule bien plus honnêtement que ne le peuvent les faux rebelles, crachant, puant et suintant le mauvais alcool par toutes les pores de leur peau, surexposée par les trous de leurs jeans sales... mais de Versace, tout de même. C'est regrettable qu'on ne peut faire de même avec le peuple, peuple qui est l'ennemi de la foule comme le mieux est l'ennemi du bien !

Qui pourrait accomplir pareille émotion du beau ? Un patron du peuple ? Un président, donc. Un président intelligent mais faux, nous en avons eu un, incarné en Valery Giscard d'Estaing. Qu'aurait-il dit, ou plus simplement, qu'a-t-il trouvé à redire au beau chanteur androgyne ?

"Il n'est pas le meilleur. Il n'est que le seul !"

Quoi, parcequ'il cherche à communier avec un avatar rouillé, dépassé, tentant de faire croire qu'il est intemporel alors qu'il est et sera toujours enfermé dans l'aura -sinon, le tombeau même- d'Oscar Wilde ? Certes. Entreprise, vanité des vanités résolument vouée à l'échec. Néanmoins, partant du principe que nous faisons de même avec le surréalisme, tolérons l'intolérable, tolérons le pillage de cet avatar rouillé. Monsieur le président, il faut le dire, vous avez raison. Il est en effet le seul. Le seul à avoir pris la pelle et creusé la tombe de l'auteur des théories de l'esthétisme, en effet.

Saura-t il pour autant le déterrer sans en briser les os, friables au point de n'être que poussière au moindre choc ? Brian, déterrerez-vous avec succès la peau de l'auteur Irlandais, la peau que vous souhaiteriez porter comme un masque, à la façon de Buffalo Bill, transsexuel qui rêve de porter sur lui une peau de femme ? Quand bien même vous l''emporteriez dans la poussière et la gloire des cendres, cet incident vous sacralisera toujours comme le premier des esthètes de notre "siècle vaurien". Car c'est ainsi que l'on se sacre, parmi les illustres :

Par le révolver et le Missel. Poussière, tu redeviendras poussière !

Votre humble narrateur vous conseille donc sincèrement Placebo. Évitez seulement le dernier album, vraiment décevant, prévisible et bien moins inventif dans l'instrumentale. Les textes abaissent le niveau des eaux, mais sans une instrumentale égale, le corps même de la chanson restera un corps inerte flottant dans les hauts-fonds. Dommage. Heureusement que la renommée est telle qu'un pareil écart ne porte aucun préjudice sur le groupe en lui même, qui a l'éternité pour faire mieux ! Le public n'a que l'instant. Qu'à celà ne tienne, on s'en fiche.
Placebo est chez lui, il est selon David Bowie le meilleur groupe de rock actuel et surtout, oui surtout, il a tout son temps.

Et c'est à l'occasion du concert de Placebo en terre sainte -Israël- que cet article voit le jour.
Brian Molko accueilli avec un petit "Heiveinu Shalom aleichem, aleichem !" m'inspire.

Cet article portera donc sur la prophétie du messie des juifs, à coupler sur le thème du Sensationnel, si merveilleusement compatible avec bien des éléments de la théologie judaïque (que je ne prétends pas "connaître", bien entendu. Comme je l'ai déjà dit, une seule vie ne suffirait pas à maîtriser pareille sagesse orale, sanguine et religieuse)
A qui a déjà entendu mon discours, je reprends mon article purement musical plus bas, offrant quelques uns de mes coups de cœur actuels.

Résumons grossièrement la prophétie du messie judaïque et évitons de faire croire que Brian Molko en est l'incarnation. Certes, le Christ serait peut être forcé de faire la tournée des festivals, s'il revenait comme le demandent les versets 22:20 de la révélation, mais mon soutien à Placebo trouve tout de même des limites avant qu'elles ne deviennent culte !

Non, soyons sérieux quelques instants.

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("A trois, dites ouistiti !")

Je tiens à noter que cet article est sujet à la rhétorique.
Non, ne craigniez rien, je ne vais pas vous mentir, je ne vais pas broder la réalité de fioritures stylistiques pour vous convaincre. Je vais simplement ponctuer les chapitres de cet article de liens "youtube" vers des musiques plaisantes, afin qu'une fois un article terminé, un peu de légèreté et de plaisir musical exprime ma gratitude devant votre lecture. Voyez que je pense à vous. Cet article est horriblement long et je ne veux pas vous perdre dans ses méandres.

Allons-y. Annonçons la prophétie.
("Repens toi, Simone !")

Comme nous le savons -peut être-, les juifs ne reconnaissent pas en Jésus le messie, à défaut de l'accepter comme un prophète véritable. Le messie d'Israël, ils l'attendent. Selon certaines interprétations libres du grand rabbinat, le messie ne devrait, par ailleurs, plus tarder. Pourquoi ?

Parceque les conditions prophétiques sont réunies. Parmi elles, on peut citer :

-Il y aura des douleurs pré-natales à l'accouchement du messie.
La Shoah, le conflit avec les insurgés palestiniens.

-Le peuple d'Israël reviendra d'exil.
Après deux millénaires d'exil, de persécutions et d'éparpillement, le peuple juif est de retour sur sa terre natale.

-Les ennemis qui auront frappé les juifs seront mis à bas.
Le troisième reich était invulnérable sur bien des points. Le peuple juif a pourtant survécu, il s'est relevé après avoir encaissé la plus grande démonstration de force et de haine du nazisme. Et le nazisme, qui n'a pu détruire le judaïsme, a été détruit. Les capétiens, les communistes ont essayé ; ils ont été détruits.

-Les géants tomberont.
Le capitalisme meurt sous les huées de la foule. Le communisme est à terre, le catholicisme se suicide, le nihilisme n'est plus aussi sexy qu'avant, la république est devenue aveugle et le despotisme même est devenu impuissant, incontinent. Globalement, seul l'Islam est encore en bonne forme (Que ce soit bien ou mal, vous êtes libres de vos opinions. De mon coté, j'essaie de me purifier, de me purger des certitudes.)

-Du désert, Israël deviendra oasis.
Dix huit occupants successifs sur deux millénaires et pas un seul n'est jamais parvenu à faire d'Israël autre chose qu'un caillou stérile et inhospitalier. Ledit caillou est rendu aux juifs et en moins de quarante ans, des champs, des vignes, des rivières même jugées mortes, renaissent de leurs cendres et verdoient à nouveau la terre sainte.

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Je n'ai pas la prétention d'affirmer mes hypothèses avec la justesse de Maître Eckhart, auteur des très sages, quoi qu'un peu hermétiques par la traduction hasardeuse d'un allemand ancien, "sermons".

Il est vrai que je fais un peu dire à la prophétie judaïque ce que je veux qu'elle me dise. Mais en vérité, tirer de la vérité de l'inconnu ne me semble aucunement incompatible avec la sincérité de pareilles prédictions, la vérité étant universelle, seuls ses accès étant individuels. Dame, sait-on pourtant que je ris de Nostradamus comme du calendrier Maya, craint au delà du bon sens ? (Rappelons tout de même que les Mayas étaient les derniers à ignorer le caractère sphérique du monde, assurément le seul peuple de l'histoire à n'avoir su prédire sa propre fin, excepté peut être les Troyens. Et encore ; ils se sont plutôt bien relevés, avec l'empire Romain. Mais passons.)

Interprétons la prophétie pour la vérité du Sensationnel.

Israël, qu'est-ce ? La terre promise. Un désert brûlant défini comme susceptible de devenir un oasis fertile et paradisiaque lorsqu'il sera repeuplé. Une petite vague de théologie judaïque un peu punk effleure le grand Rabbinat, vague que j'approuvais avant même d'en entendre parler. Une vague qui suggère que le nationalisme juif est peut être finalement maladroit, Israël étant... Une contrée métaphorique, non un lieu géographique véritable. Ce qui fut tantôt la Palestine est un exemple des six milliards d'Israël présents sur cette terre !

"Tout juif doit se comporter comme s'il avait, lui aussi, fui l'Égypte et vu Dieu au mont Sinaï." Étendons la formule aux goys. Tout individu a un Israël en lui (Les juifs s'en rappellent plus facilement, par atavisme, d'où la distinction avec les non-juifs formulée dans la Thora). Un lieu de son âme dont il a choisi de s'exiler à sa naissance -en oubliant les vies antérieures ou pareille sagesse aurait pu lui être connue-... Pour mieux le retrouver, un jour. Et colonisant à nouveau ce recoin de son âme, il le fait verdir, le transforme en oasis : le rend fertile.

"Il cultive son âme" (Rimbaud)

Oh, infiniment plus que cela, big boy.
Il cultive la terre sainte de son âme.

Une terre sacrée, car décrite comme la demeure des prophètes. Mais qu'à dit The prophète après une petite poignée de miracles ?

"Pourquoi êtes-vous étonné ? Ce que je fais, vous pouvez tous le faire..."
Ha ! Soigner les malades, marcher sur l'eau ? "Mon œil ! Arnaque ! Fonctionnaire !" Et pourtant, pourtant... La terre sainte de notre âme devenue fertile, nous devenons propriétaires de quelque chose d'assez impressionnant, tout de même.

Le pouvoir créatif.

("Cessez d'être locataires, passez propriétaire" eh, on le lit à tous les coins de rue. Si ca ne vous met pas sur la piste, alors prenez de l'aspirine, seule la gueule de bois peut détourner de pareilles évidences.)

Car il est indéniable que nous sommes des créatures créatives. Capables de meubler nos vies par nos créations physiques ou mentales, constamment tournées vers l'art, sinon, vers la religion. Or, qu'est-ce qu'une religion ? La vénération de la Source, quel que soit le nom qu'on lui donnera. La source de toute vie ; donc, la création à l'état pur.

Grande nouvelle, cette Source de toute vie... Elle n'est nulle part ailleurs qu'en vous.
C'est VOUS, la source. Vous et rien d'autre.

Les églises, les religions, les gourous ; tout cela n'est pas vérité. Tout cela est un chemin, un outil vers cette vérité absolue (outil nécessaire pour le peuple, donc nécessaire tout court. N'y voyez pas de critique anticléricale, je pense que la foi a besoin d'un élan clérical pour ne pas se diviser en milliers de sectes passant leur temps à se bagarrer à coups d'encensoirs parcequ'un fidèle a fait trois tours sur lui même devant le totem au lieu de sept.) : Dieu, Allah, Quetzalcoatl le serpent à plumes, la Source, le hasard, la chance, à terme... c'est vous.

La religion, à son plus haut niveau de maîtrise, à ses sommets les plus vertigineux, n'est que cela : l'espoir pour l'humain de pouvoir dépasser sa condition : Devenir un Dieu en communiant avec Dieu, en quelque sorte.

La science l'accepte : son objectif final est d'améliorer les caractéristiques de l'humain, de la vitesse à l'intelligence.

Le zen, la littérature, les sectes, la philosophie cartésienne, de Marc Aurèle, de Montaigne et de Nietzsche... Tous ont admis le caractère essentiel de cette fusion avec La Source.

Cette source vous parle par le hasard et l'imagination, les deux condiments qui ont fait que vous soyez vivants à l'heure actuelle. Les deux condiments qui font que vous soyez en train de me lire, humble narrateur de la Sensation.

Rendre Israël fertile, c'est fertiliser la source qui était devenue un désert inhospitalier. Souvenez-vous de votre vie avant votre éveil, avant de vous rappeler votre nature véritable, avant de la cultiver. Votre vie était ridiculement vide pour ne pas dire, insignifiante (Nous avons expliqué la première moitié de ma misanthropie en deux lignes. Je n'aime pas -je déteste même- ceux qui sont paresseux d'eux même, de leur âme, de leur esprit, leur corps même. Dame, prenez un peu soin de vous, rien n'est plus important, rien n'est plus omniprésent que cette masturbation, dont on finit seulement mais sagement par vanter quelque mérite ! Cultivez-vous, prenez soin de vous, faites vous plaisir par ce peu, mentalement et physiquement. La seule chose qui soit grave au monde, c'est le mal que l'on se fait. Rien d'autre n'a la moindre petite parcelle de gravité !). Cultive ton âme, fertilise le désert qui s'y trouve et... Miracle des miracles : le hasard, le chaos, la Source, peu importe : absolument tous les évènements, des plus indépendants de ta volonté, vont s'accorder pour t'offrir, gratuitement, la vie que tu veux.

N'importe laquelle : elle est à toi, sans conditions, sans facture et majoration en cas d'impayés. Tu deviendras l'architecte de ta vie une fois que tu auras maçonné ton âme. Tu cultiveras des vignes et produira le meilleur des vins lorsque tu auras fertilisé le désert ou se trouvaient déjà des pousses de vignes desséchées : souvenirs des sagesses de tes vies passées.

Tu feras d'Israël un oasis.
Et rien ne te sera plus beau, plus joyeux, plus heureux. Tu n'auras plus jamais peur, car la vie sera celle que tu voudras, intégralement, sans conditions.

Les plus grands poètes s'y sont accordés, définissant même le plus haut de tous les libertinages, LE CHOIX de la liberté d'aimer. Passons outre Barbey d'Aurevilly et le surnaturel de ses écrits pour relire Baudelaire, dans son "choix de maximes consolantes sur l'amour" :

"Sans nier les coups de foudre, ce qui est impossible, - voyez Stendhal, De l'amour, livre I, chapitre XXIII, - il faut croire que la fatalité jouit d'une certaine élasticité qui s'appelle liberté humaine."

L'élasticité de la fatalité, la liberté humaine.
Je ne pourrais jamais mieux le formuler.

Mais en vérité, nous avons parfois expérimenté ce pouvoir. Nous connaissons tous une personne qui a souhaité, haut et fort, être libre, vraiment libre. "Gnagnagna, j'suis libre, j'ai pas d'attaches, je dois rien à personne gnagnagna NA !"

Yep, keep talking. Vous avez encore des contacts avec cette personne ? Non, bien entendu. Il n'a plus de contacts, plus de liens. Il est devenu invisible, immatériel, il erre dans le monde sans la moindre attache, le quittera sans regrets et sans remous aucuns. Voyez donc qu'on finit par maîtriser le pouvoir créatif : il a voulu être vraiment libre, maintenant, il l'est.

Hé, il ne faut pas être stupide et créer n'importe quoi ! Quoi, ne savez-vous pas que la liberté et le bonheur sont deux choses radicalement différentes ? Mais rassurez-vous. Si vous le voulez, vous pouvez avoir les deux à la fois. C'est bien pour cela que le peuple juif doit se reconstruire avant de retourner en Israël.
Pour cela qu'il a créée le très décrié ordre de Tsahal, etc.

Pour ne pas fertiliser n'importe comment.

Pour ne pas que vous demandiez n'importe quoi et pleuriez quand on vous l'accordera. Il faut d'abord un peu étudier, comprendre ce que l'on veut, comprendre ce que l'on veut être et comprendre ce que l'on est.

Mais comprendre une volonté, c'est aussi ne pas la juger, car rien n'est mauvais, sinon ce qui vous fait du tort. Ainsi, vous voulez être immensément riche, célèbre et adulé ? Vous le pouvez, dès maintenant. Ce n'est pas mauvais, ce n'est pas sale, vous en avez le droit, vous le méritez. Mais notez bien une chose. Une fois l'Israël en soi cultivé et fertile... Ces choses, vous les aurez. Mais elles vous paraîtront inutiles et fades tant la félicité d'être ce que vous êtes, sans concessions, transcendera tous les autres bonheurs, dépassera les récompenses et les hochets.

Tu te dis heureux, citoyen lambda ? Menteur ! Tu n'es pour le moment qu'un membre de la croisade des enfants, à la recherche d'Israël pour la coloniser naïvement, croyant que l'innocence de ton âge t'en ouvrira les portes.

Un athée en conviendra : "on a la vie qu'on se fait".
Un croyant peut en convenir : "Dieu nous a fait à son image".
Un intégriste peut être convaincu par les textes : "In hoc apparuit charitas dei in nobis, quoniam filium suum, unigenitum misit deus in mundum ut vivamus per eum" (traduction rapide : "En celà, amour de Dieu etc etc... afin que nous vivions EN lui")

Bien, c'était pour l'interprétation de la fertilité d'Israël, une fois rendue aux juifs.

Passons à présent au sujet des géants qui s'effondreront irrémédiablement avant la naissance du messie. Soyons plus rapides si vous le voulez bien, loin de moi étant l'idée de rendre l'article soporifique par sa seule longueur.

Les géants doivent s'effondrer pour que le messie arrive en ce monde. On interprète la chute des grandes idées et des empires comme un accomplissement de cette prédiction, mais à nouveau, je pense qu'il faut mettre ceci en rapport avec le Sensationnel -avec soi, donc- pour en tirer du sens.

Pour que nous puissions enfanter du messie qui est en nous -Simplement soi version 1.2, incarnation de notre nature la plus haute, la plus exceptionnelle et la plus apte à maîtriser consciemment le pouvoir créatif, le contrôle sur le hasard.-, nous devons nous purifier des géants et des empires de notre monde intérieur.

Car si nos planètes sont les électrons de l'univers, sachez le bien : En nous se trouve un monde.
Notre ressenti est un océan dont les courants sont les émotions. Des pays se dressent et s'effondrent à mesure que nos passions prennent l'ascendant sur d'autres, s'étendent, se construisent, colonisent, se démocratisent ou s'émancipent. Nous avons Israël en chacun de nous, qui attend notre retour. Nous avons la Lune qui fait mouvoir les courants et les marées de nos émotions et nous avons le soleil -la connaissance- qui éclaire nos continents tandis qu'elle en assombrit d'autres. Nous avons les arguments qui sont les nuages, les conflits qui sont les orages, les séparations qui sont les tempêtes.

Comprenez le monde intérieur et vous comprendrez la nature même de ce monde.

Il est l'esprit d'UN homme, l'homme premier dont nous sommes, chacun, un trait de caractère : compréhension, en ce qui me concerne. Expérimentation pour d'autres, contemplation, avarice, envie...

Donner naissance au messie revient à devenir le Dieu de son monde, à décider de ses tempêtes, sa géographie, sa température et sa géopolitique.

Nous purifier des morales pré-établies et des passions, de nos fois en nos convictions, revient à laisser le champ libre à cette naissance.

Pour devenir son propre messie et donc, être ce que nous voulons être dans notre plus haute nature, avoir la vie que nous voulons, nous devons faire comme Nietzsche, avec son croyant qui demande "Ne savez-vous pas que Dieu est mort ?" aux fidèles gravissant la montagne vers la caverne dont il s'échappe.

Faites tomber les géants. Libérez vous de la foi, mettez fin aux dictatures de vos continents, mettez à bas le despotisme de leurs dictateurs et établissez plutôt un gouvernement mondial : le votre.

Quelques exemples :
Vous êtes un anti-capitaliste ? Voilà une conviction géante à faire tomber : votre colère, votre foi, pas la capitalisme. Soyez indifférent de celui-ci, il est en train de mourir de toutes façons ; cessez les manifestations hurlantes et puériles, achetez plutôt un cigare et regardez tranquillement ce système se miner de l'intérieur. Écologistes, continuez à faire attention à l'hygiène de votre corps et de votre planète, mais abandonnez vos certitudes et votre foi en cette idée ; dans un siècle, on apprendra avec stupeur que le réchauffement de la planète n'était pas dû à l'homme, mais au réchauffement naturel du soleil. Féministes, arrêtez de vouloir couper le pénis de tout homme qui demanderait gentillement à sa femme de faire une fois la vaisselle, et appréciez simplement votre liberté, sans passions superflues. Athées, continuez à vivre libre de toute morale religieuse si vous le voulez, mais cessez ce combat chevaleresque contre Dieu, cessez cette passion furieuse. Croyants, continuez de prier et d'avoir la morale de votre dogme si vous voulez, mais cessez de l'agrémenter de passions superflues, de rituels imposés et de folie. Rockeurs, cessez de vous énerver quand on affirme que deux groupes sont simplement des groupes de métal, et non pas un groupe de "Trash death metal progressif" et un autre de "Hardcore trash metal death créationniste". Idiote, arrête de t'énerver quand je te dis que ta veste est une veste, qu'elle ait été portée à la guerre ou non, elle n'est qu'un amas de tissus. Républicain, assume la richesse de ton régime mais cesse de le défendre comme LA vérité, le modèle absolu à étendre et à défendre de ta vie ; arrête un peu de jouer Robespierre ou Danton. Monarchiste, assume l'aristocratie et la pure noblesse de ton idée, mais dépose les armes aux tuileries et cesse d'hurler "vive le roy", le roy s'en fiche, le roy est mort.

Abandonnez toute foi qui n'est pas foi en vous même.
Toute autre certitude, toute autre foi, rend l'humanité folle et la change en monstre. Toute autre certitude est un dictateur d'un de vos continents à renverser.

Dîtes "Dieu est mort" si ca vous aide à Le trouver en vous ; c'est ce que voulait Nietzsche, qui aurait été horrifié de voir l'athéisme. Purification des fioritures pour approcher la Source, pas négation de celle-ci.. C'est ce que veulent les francs maçons. C'est même ce que voulait Jésus, c'est dire !

Purifiez vous.
La seule foi qui mérite d'exister, c'est celle en vous même.

C'est narcissique ? Mal ? Égoïste ?

Tiens, vous avez oublié un géant à faire tomber, là. Cette morale proscrivant le narcissisme, vous obligeant à vivre dans la négation, la censure et la honte, forçant une hypocrite humilité et vous demandant de trouver mal tout ce qui est agréable, voilà un géant que vous avez oublié de faire tomber.

Vous êtes parfaits, vous êtes des dieux, sublimes et puissants.
Admettez le. Vous n'êtes pas moins que cela.
Vous avez le surhomme dans votre ventre, et à chaque journée qui passe, il s'énerve de se voir refuser l'accès à la lumière par votre égo qui singe une espèce d'humilité des plus idiotes, votre hypocrite censure. Pourquoi tout ce qui est grand, superbe et inconditionnel, vous le refusez ? Pourquoi vous vous dirigez vers le médiocre, le banal et le vulgaire plutôt que de l'assumer pleinement ? Ah, "parceque c'est trop beau pour être vrai. Il y a surement une condition, un piège quelque part." Vous vous en persuadez tellement qu'après un coup d'un soir, qui n'a rien d'immoral ou de honteux, vous fondez en larmes en vous persuadant que ce que vous venez de faire est mal. Voilà pourquoi vous passerez votre journée à hésiter à vous faire vomir pour avoir mangé le pot de nutella, pourtant pleinement conscients que c'était agréable et sans conséquences. Voilà pourquoi vous refusez d'assumer pleinement un amour puissant et inconditionnel ; vous jouez les froids, vous vous amusez à le miner par un faux détachement, persuadés qu'il y a un piège et que s'y jeter mènerait à courir un risque. Grand dieu, vous couvrez les lignes absolument parfaites de vos corps par des couches de tissus ! Et même lorsque vous le faites, vous le faites sans goût et avec vulgarité -vous dépensez même des fortunes pour des jeans sales- plutôt que de vous vêtir avec classe, élégance, raffinement. Eh, ce serait même moins cher, le trois pièces intégral est aujourd'hui moins cher qu'un bas de jogging !

Quand comprendrez vous que le parfait est, par définition même, inconditionnel ? Aucune condition, aucun piège. Alors, pourquoi ne pas admettre la perfection en vous ? Faites tomber l'humilité, c'est le dernier des géants, c'est l'ONU à faire couler, le dernier dictateur de votre monde avant de pouvoir y devenir Dieu, le faire à votre image, votre volonté. Au fait, si vous parvenez à ce stade, votre volonté sera automatiquement dirigée vers ce qui est le mieux pour vous. Alors n'ayez pas peur, tout se passera pour le mieux.

Si vraiment, vous n'acceptez pas l'idée d'être parfaits, sachez alors que la vie que vous portez dans votre ventre et qui est à votre image est elle, tellement parfaite, que l'aimer sincèrement vous rendra... l'égal des dieux.

Merveille des merveilles : vous êtes indissociables.

N'ayez foi qu'en vous même, qu'en l'Israël de vous, qu'au jardin d'éden de votre âme.

Cela peut sonner comme un glas anti-religieux... Et pourtant, sachez que ce n'est qu'ainsi que les plus grands religieux, les plus grands prophètes, Jésus et Mohammet, ont trouvé Dieu.

En eux.

Je le répète, LA Source universelle, c'est vous.

Passons à l'interprétation de la destruction nécessaire des ennemis d'Israël.
Rien de foncièrement volontaire ; toute faction qui s'est frottée aux juifs a fini par périr naturellement, sans intervention aucune du peuple dit béni et maudit.

Philippe le Bel vous le confirmerait. Hitler, Staline, Érode, Xerxès, tous ont fini par payer naturellement des affronts qu'ils ont porté au peuple juif. C'est un peuple protégé par le hasard, lequel se retournera automatiquement contre tous ses ennemis.

Si demain, l'Iran bombardait Israël, le soir même, Téhéran serait rayée de la carte. Pas par Israël, par le hasard qui aura fait de l'Iran un pays trop dangereux pour le laisser s'étendre aux yeux de l'ONU. Le hasard, toujours.

A votre avis, pourquoi les juifs se disent béni de Dieu ? Parceque c'est un peuple qui s'est rappelé de sa nature véritable. Et une fois ce rappel accompli, on devient réel, notre corps prend une consistance physique véritable ; tout ce qui précédait cet éveil n'était qu'immatériel, fantomatique, ectoplasmique. Ceux qui seront alors restés des spectres tenteront, par curiosité, de porter des coups à ce corps devenu solide, et face à l'impossibilité de le heurter, finiraient par se suicider par dépit de ne pouvoir affronter une force qui les dépasse.

Or, c'est là qu'intervient le paradoxe infini qui fait taire tout manichéisme : malgré certains actes objectivement mauvais, absolument personne ne peut se vanter d'être ce qu'il fait, c'est à dire, quelqu'un se réclamant du mal.

Subjectivement, tout acte est bon.

Les pires actions de l'histoire ont été accomplies par des idéalistes, pour qui la fin merveilleuse justifiait les moyens odieux. Je pense, par exemple, à Marat. Par conséquent, qui peut-on objectivement qualifier d'ennemi ? Personne ?

Hof, les ennemis que l'on décide d'avoir, tout au plus. Et ce sont, au final, quelques uns de nos meilleurs amis. Dans toute démarche artistique, politique ou commerciale, il est très important de s'entourer de quelques bons et loyaux ennemis : l'opposition élève, elle rend les deux partis impliqués productifs.

Donc, qui est cet ennemi qui doit s'incliner et se soustraire devant nous pour que notre "very own" messie puisse naître en paix et en allégresse ?

Notre ennemi intime : nous mêmes.

Je m'explique.

Comme je le disais plus haut, rien n'est grave, rien n'est dangereux, sinon le mal que l'on décide consciemment de se faire. Les entraves que nous mettons en toute âme et conscience sur notre chemin.

Ne croyez pas que cela est rare, marginal, expressions de quelques masochistes et autres déviants. Non, quasiment tout le monde fait naitre en lui quelques ennemis intimes, généralement... Très agréables et porteurs d'un plaisir de l'instant.

Pourquoi ? Mais parceque la promesse du messie de soi est une promesse innée. On ne l'apprend jamais, on ne fait que s'en rappeler. Mais elle porte à suspicion par sa perfection : devenir notre propre source, devenir Dieu (nulle hérésie à cela. Les catholiques fêtent bien la communion !) sans conditions, sans dépôts de garantie, sans intérêts à 35% ? Impossible. Trop beau.

"Contentons nous de faux plaisirs. C'est moins suspicieux, il y a moins de risques de se prendre le contrecoup !"
Et voilà comment naissent les ennemis intimes, ceux qu'il faut littéralement tuer pour que naisse le messie, le messie qui n'est que vérité et qui, par conséquent, ne peut exister tant que son porteur se nourrit de mensonges, de plaisirs médiocres et menteurs.

Vous pourrez m'opposer le paradoxe, même la contradiction.
Je disais plus haut que nous définissions comme mauvaises et honteuses les choses parfaites ou agréables, à tort. Que les culpabilités et frontières que l'on se porte face à quelque chose de trop agréable relève d'un système immunitaire odieux, d'une morale à détruire, d'une crasse à purifier au plus vite.
Qu'il faut détruire ces frontières, apprécier sans honte et sans restrictions un pot de nutella, une danse effrénée, une histoire sans lendemains ou au contraire, un amour véritable.
Or, si nos ennemis intimes obéissent également à un caractère agréable, parfait, mais qu'il faut qu'ils disparaissent pour que nous puissions accéder à l'apothéose, alors il y a une contradiction évidente !

Alors quoi, il faut prendre plaisir sans honte ET renoncer aux plaisirs qui pourraient -éventuellement- être imparfaits ?

Attendez, n'allez pas trop vite car de cette contradiction arrive la vérité de cette condition à la naissance du messie.

Comme nous le disions plus haut, il convient de s'étudier, de savoir qui nous sommes avant d'aller transformer notre Israël, notre terre sainte de l'âme en oasis.

Cette étude permet de distinguer les plaisirs et les perfections.

De ce fait, on saura que certaines choses que l'on croyait aussi agréables que les exemples du nutella, du coup d'un soir ou au contraire, de l'amour absolu, de la danse ou la marche... Ne le sont qu'en apparence.

L'étude de soi et l'indépendance d'esprit qui s'en dégage est essentielle pour distinguer les vrais plaisirs des faux. L'être humain est une créature foncièrement dépendante au plaisir et c'est par cette dépendance que quelques parasites, quelques ennemis, peuvent singer le produit de plaisir que l'on réclame.

Or, comme dans toute logique de la Sensation, on trouve un équivalent physique au concept.
Prenons donc celui de la réaction chimique qui produit le plaisir.
Des endorphines et des signaux électriques envoyés au cerveau.

Les plaisirs véritables, liés par exemple à l'orgasme, n'ont pas besoin d'une stimulation physique pour créer ces signaux. En d'autres termes, le cerveau comprend de lui même le plaisir de la chose et créée ses propres signaux ; on n'a pas besoin de lui en "injecter".

Mais lorsque quelqu'un consomme de la drogue ou boit par exemple de l'alcool, des signaux artificiels sont littéralement injectés dans le cerveau. Ces cellules artificielles ressemblent tellement aux signaux "vrais" que le cerveau est trompé et ne fait pas la différence. Il croit qu'il s'agit de signaux d'invitation au plaisir et par conséquent, offre le plaisir ainsi demandé.

Mais c'est une injection, une insémination artificielle de plaisir et non un plaisir sincère et naturel.

Toute chose agréable est foncièrement bonne pour notre âme et n'a pas de contreparties, de conséquences et de contrecoups à encaisser. La perfection ne se prête pas aux concessions et aux contrecoups, du coup d'un soir à l'amour durable, de la soirée entre amis à l'acte de se défouler sur la piste de danse.
Toute chose agréable mais disposant de contreparties est un faux plaisir et donc, un ennemi intime.

Voici pour le plan biologique.

Sur le domaine du Sensationnel, ces "leurres" sont de véritables ennemis car ils perturbent votre perception, vous faisant croire que vous prenez du plaisir dans des choses qui, en vérité, en sont totalement incapables. Très concrètement, et pour reprendre l'exemple universel de l'alcool, un être humain leurré suffisamment de fois affirmera sans hésitations qu'il aime l'alcool.

Qu'il boive alors de l'alcool pur, s'il aime le goût. Oui, ca le tuerait sur place, il est vrai que l'alcool en soi est un produit aussi toxique que le mercure. Mais avant qu'il ne sente son estomac fondre, il aurait le temps de glisser, mécontent : "Euark, c'est vraiment pas bon !", donc le goût de l'alcool n'est pas source de son plaisir.

Le goût des arômes ajoutés, alors ? Mais non. Les buveurs de bière iraient manger de l'orge régulièrement si c'était le cas, les buveurs de vin seraient des habitués des jus de raisin. Or, nous savons que ce n'est pas le cas, en dépit du fait que leur santé et leur portemonnaie en seraient bien soulagés.

Il n'y a donc aucun plaisir véritable au goût ? Mais d'ou vient-il alors... ?

Mais de soi.

On créée l'ennemi intime qui leurre notre âme et lui fait croire qu'elle est en état de plaisir. Ce procédé est tout aussi risible, évidemment, que celui de se répéter à tue-tête, "je vais bien, j'suis heureux !" alors qu'on est dépressif !

L'ennemi intime doit donc être tué pour que le messie de soi puisse naître.

Comment ?

En se connaissant suffisamment pour pouvoir se "visualiser" dans notre état véritable, l'état mental. Ceci fait, cette visualisation lui donne consistance et bloque l'accès aux leurres de plaisir, lesquels demeurent dans leur état spectral. Ne pouvant plus vous toucher, ils se détruisent par eux même.

Pour l'exemple de l'alcool, se connaître suffisamment amène à admettre qu'il est physiquement impossible de prendre plaisir au produit de l'alcool. Le faux plaisir ne vous atteint plus et votre ennemi intime se suicide immédiatement, par dépit de pouvoir vous faire subir ce peu. Quand une force en croise une qui est invulnérable, elle se suicide, c'est ainsi. (et puis vous passez de bien meilleures soirées, avouons le. Si vous avez besoin de boire pour que la soirée prenne forme, c'est que cette soirée ne valait pas d'être vécue à la base et que vous feriez simplement mieux d'aller chercher mieux... Ah, mais les amis. Ne pensez-vous pas qu'une fois que vous aurez enfanté de votre messie, vous présiderez leurs soirées -minables- ? Alors ne craignez aucun rejet, ils vous suivront tous dans votre charisme, charisme dans son sens le plus littéral, c'est à dire biblique)

Ne craigniez rien, votre vie ne perdra rien en termes de plaisir lorsque vous vous connaitrez dans votre état le plus haut. Au contraire ; quelques uns des plus grands sages de l'histoire ont inventé le tantrisme. Épicure arrivait à pleurer de bonheur en mangeant du pain et en buvant de l'eau. Enfin, et pardonnez moi l'exemple... Les philosophes grecs. Soyons honnêtes, admettons qu'ils prenaient leur pied. Relisez "le banquet" de Platon et constatez de vous même que les principes philosophiques les plus essentiels à notre pensée actuelle étaient énoncés entre deux parties de jambes en l'air et admettons bien que ce n'est ni le marquis de Sade, ni les pseudo-échangistes qui pourraient prétendre à une pareille sensualité.

N'ayez donc aucune crainte, la sagesse de voir naître votre messie, de devenir votre propre Source, n'apportera aucune restriction aux plaisirs dont vous êtes déjà dépendants. Elle les transcendera, les multipliera, les purifiera de la culpabilité dont vous les avez enrobés. Qui plus est, vous ne subirez plus que du plaisir sincère et parfait, épuré de tout "faux plaisir". Tout à y gagner et rien à y perdre, en fait.

La sagesse EST source de plaisir, non d'austerité.

J'insiste sur ce point, car je sais que la restriction à une dépendance est une peur suffisante pour reculer face à la sagesse même. Donc, ne craigniez rien. Et sincèrement, et pour citer Jean Pierre Mocky -juif, également- : "Vous croyez vraiment que Madame Simone Veil ne va jamais au septième ciel ?"

Passons à présent au stade suivant de la prophétie : "Le peuple juif retournera en Israël".

Pour bien comprendre cet élément prophétique relativement simple, il faut bien se rappeler des notions évoquées plus haut.

La première, c'est que nous portons un monde en nous, comme le monde physique est l'expression d'un seul homme. Notre monde intérieur est constitué d'océans -le ressenti-, de courants chauds et froids -les émotions-, des continents -les passions-, des tempêtes, des guerres, âges d'or, atmosphère, soleil qui est connaissance et Lune qui est maîtresse des courants etc. Mais alors...

Ce monde disposerait-il d'habitants ?

Damn right. Des citoyens par millions. Chacune de vos pensées donne naissance à un habitant, peuplant, colonisant et donnant vie aux continents que sont vos passions.

La prophétie judaïque indique que le retour des citoyens juifs en Israël est nécéssaire à la naissance du messie. Très concrètement, les pensées se concentrent sur la terre sainte de votre âme, c'est à dire le lieu ou naîtra votre idéal une fois le désert devenu oasis.

Et comment le désert devient-il oasis ?

Par la présence des juifs.

Traduisons : La partie la plus sacrée de votre âme ne donnera naissance à votre idéal que lorsque... Vos pensées y seront toutes réunies. Et par n'importe quelles pensées ! Les pensées juives.

Comment se caractérise un juif ?

Par le savoir atavique. Comme nous l'avions déjà expliqué dans le blog, la vie d'étude de la Torah qui est demandée à un juif n'est destinée qu'à lui faire remonter au delà de ses propres souvenirs, jusqu'à se souvenir de ce qu'ont vus, appris et compris ses ancêtres, jusqu'à Abraham même. D'où la difficulté de "devenir juif", votre sang ne portant pas la marque de ces expériences, sa transmission à vos enfants peut nuire à leur atavisme ("le retour de traits et de savoirs d'ancêtres sur un déscendant éloigné.").

Un juif remontant suffisamment la mémoire de son sang -le sang d'Israël- pourra ainsi se souvenir de la fuite du royaume d'Egypte et de ce fait, ressentir l'urgence qu'est celle de la survie du peuple hébreu. Il pourra aussi se souvenir avoir VU Dieu au mont Sinaï (le peuple juif étant le seul au monde a avoir exigé de voir Dieu pour croire en lui !), avoir assisté aux mises à morts rituelles... Et se souvenir des connaissances accumulées sur plusieurs générations, permettant ainsi de les continuer là ou son ancêtre s'est arrêté.

Un savoir millénaire se transmet ainsi. Un juif pourra maîtriser la Khabbale en une vie ; pas un gentil, pas un goy (cf : un non juif).

Donc, sur le plan Sensationnel, les pensées juives sont des pensées d'études... Et de souvenirs.

Elles sont les pensées qui vous ont mené à remonter votre propre mémoire du sang.

Elles sont les pensées qui vous ont fait ressentir ce que vos ancêtres ont ressenti.

Elles sont celles qui vous ont fait comprendre la vérité absolue de la Sensation :

L'homme seul est une lettre, la foule est une phrase, le peuple est un monologue et l'humanité est un langage.
Le comprendre, c'est comprendre sa nature.
Le comprendre, c'est comprendre l'existence humaine toute entière.

Mais continuons.

"Les juifs retournent en Israël",
traduction
"l'atavisme, les pensées qui ont remonté jusqu'à l'âme même de l'humanité et qui vous ont révélé QUI VOUS ETES, toutes ces pensées convergent et reviennent vers la terre sainte de votre âme".

Toutes réunies en ce lieu de votre être, vos pensées forment un "nid" douillet pour y accueillir votre messie, votre idéal le plus haut, celui par qui vous deviendrez La Source.

Très concrètement, cela signifie deux éléments essentiels :

"Connais toi toi même". Ce qu'on gravait au devant des fresques de l'antiquité contient la plus transcendante sagesse imaginable.

"Toutes tes pensées, tous tes actes, toutes tes paroles et tous tes gestes ont désormais un sens. Et à présent, elles doivent coïncider avec ceux de ton propre messie, afin de l'enfanter".

Oui...

On enfante le messie en calquant notre être sur le sien, jusqu'à ce qu'il devienne notre seconde nature... Puis, peu à peu... Jusqu'à ce qu'il communie avec vous et ne fasse plus qu'un.

A ce moment là, messieurs dames, vous rendrez à votre monde le jardin d'éden d'où il a été banni.

Vous y deviendrez la grande âme.

Christ.

Bouddha.

Zarathoustra.

Frank Herbert.

(Elvis ?)

Le dalaï lama.

Car grande âme, tu es.
Ce que tu peux devenir, ce qu'est le messie dans ton ventre, ce n'est ni plus ni moins que cela.
Tu es un Dieu encore un peu comateux. Alors du nerf, bon sang, du nerf !

Passons enfin au dernier point de la prophétie Sensationnelle.

"Il y aura des douleurs pré-natales à l'accouchement du messie d'Israël".

A présent, toutes les conditions sont réunies. Le messie en votre ventre demande à sortir... Et pensez bien que ca fait mal. Horriblement mal.

Ajoutons à cela que plus vous aurez attendu, plus la douleur frôlera l'intolérable. Pourquoi ? Parceque le messie en gestation dans votre ventre n'est pas régi par la règle des neuf mois humains. Pensez-vous, les juifs sont en exil depuis deux milles ans ; le messie serait déjà arrivé depuis longtemps si son accouchement obéissait à de pareilles valeurs de temps !

Il a grandi normalement en vous depuis toutes ces années. Il arrivera au monde à taille adulte, sachant parler et raisonner. Je ne vous cache donc pas que plus tôt vous vous rendrez compte de cette prophétie, de la sagesse de cet inéluctable enfantement transcendant, moins vous aurez mal.

"Tu enfanteras dans la douleur !"
Ce n'est pas moi qui le dit, c'est la bible.

Plus vous aurez attendu, plus la période de transition entre ce que vous étiez et l'idéal que vous êtes destinés à incarner dans une vie ou dans la suivante sera difficile.

Il vous faudra être fort.

Il vous faudra supporter les coups alors que votre être sera vulnérable, entièrement tendu à l'effort merveilleux qu'est l'accouchement. Vous pleurerez, supplierez que cela cesse, gigoterez.
Seul, vous risquez même d'en mourir.
J'entends par là que le messie aura raison de votre être précédent et le remplacera sans transition. Le résultat est simple et radical : soit vous devenez une vedette cinglée du showbiz, qu'on a peur d'inviter sur les plateaux télé et qui, lui même, est totalement inconscient du monde qui l'entoure (Non, je ne pensais pas à Alice Cooper...) soit vous finissez comme l'un de ces hébétés errants, la bave aux lèvres, passant votre vie à tripoter un briquet sur un trottoir.

Non, vous avez besoin d'une sage femme.
Quelqu'un qui, au choix, a déjà assisté à l'accouchement du messie d'autrui ou a lui même enfanté de son propre messie.

Sa présence permettra de supporter les douleurs pré-natales, lesquelles se caractériseront par un état général d'anxiété insupportable, un acharnement ponctuel du destin (Tous les mois, par exemple) et surtout, oui surtout, la présence physique du messie qui demande à naître.
(Voilà pourquoi, selon moi, Israël ne peut vaincre seul, sur le plan géopolitique. Si elle perd le soutien de l'Amérique, la terre sainte est résolument perdue)

Vous l'avez peut être déjà sentie...

Vous savez, cette boule dans le ventre.
Oui, votre être tout entier, votre existence même, n'a lieu que pour que dans une de vos vies, vous donniez naissance à un messie, incarné en vous, par vous.

Depuis combien d'années il vous fait signe de sa volonté de sortir ? Depuis combien de dizaines, de centaines d'existences l'avez vous retenu ? A mon avis, vous préfèreriez ne pas le savoir.
Ne cherchez même pas la réponse à cette question.
Cherchez celui qui sait enfanter un messie de soi, par expérience ou par procuration et faites de lui ou d'elle votre sage femme.
L'accouchement est rapide et croyez-le, tout ira mieux après.

Et c'est là la plus grande, la plus lointaine et la plus profonde vérité de cette prophétie :
"Tout ira bien."


Vous savez comment s'appelle l'hymne national d'Israël ?
Hatikvah, "הַתִּקְוָה".
Littéralement traduit de l'hébreu, cela donne "espoir".

Note : Si vous voulez entendre comment les juifs ont traduit musicalement cet espoir, écoutez leur magnifique hymne national ici. Je vous le conseille vraiment pour apporter consistance à ce long article, indépendamment de vos opinions sur le moyen orient, dont il n'est absolument pas question sur cet article. Hatikvah, dans toute sa beauté, exprime musicalement tous les propos de cet article, dans l'ordre. Écoutez avec attention, vous le ressentirez nécessairement. A deux minutes et quarante secondes, vous entendrez vibrer "l'espoir" et tout ce qui suit, c'est ce qui vous attend si vous vous remettez à cette prophétie et enfantez votre messie.
"Nefesh yehudi homiah..."
Alors... Qu'est-ce que vous attendez ?

Un miracle ?
Ha. Humour mystique.

Vous avez raison d'attendre un miracle. Seul un miracle peut vous faire enfanter du messie avec l'appui de la sage-femme appropriée. Mais comme seul un miracle a pu vous donner naissance, tant les probabilités pour qu'elle advienne sont ridicules.

Seul un miracle.

Ce qu'on ne vous a jamais dit, c'est que, étant vous même un miracle et étant un Dieu en gestation...
Les miracles, vous avez le pouvoir de les provoquer à votre guise.

Je répète ce que disait le Christ :
"Pourquoi êtes-vous étonné ? Ce que je fais, vous pouvez tous le faire..."

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"Il naîtra en connaissant nos usages. Il connaîtra la Torah de tête. Pointe au hasard dans le livre fermé et il saura te la lire ici."

Traduisons cette caractéristique du messie en Sensationnel pour conclure ce long article, cette véritable prophétie.
Traduisons en employant le futur, car la naissance de votre messie EST votre destin.
C'est une victoire inéluctable de votre perfection sur la logique de ce monde, de votre monde.

Une pleine connaissance innée du livre des vérités.
La Torah existe dans le Sensationnel ; c'est l'incarnation de la mémoire des alleux, l'atavisme physiquement présent dans ce monde, la mémoire du sang et de l'humanité à portée de main.

Sa connaissance innée implique plusieurs caractéristiques dont vous hériterez. Voici donc ce qui vous caractérisera en tant que messie :

-Un parfait souvenir de la mémoire de vos alleux, et, en prolongation, de la mémoire humaine. En exemple, vous saurez ressentir un pré-sentiment pour l'humanité entière. Vous vous souviendrez de ce que l'humain tout entier a ressenti, par exemple lors de la chute de Rome ou des croisades. Par conséquent, votre sagesse sera millénaire, employée à élever vos semblables.

-En prolongation de ce don, vous pourrez appliquer à l'humanité ce que vous pouvez appliquer à l'individu. La somme des expériences ressenties (n'oubliez pas que vous ressentirez littéralement l'humanité) depuis notre création, c'est la somme des lettres qui nous donnent notre nom véritable. Vous pourrez nommer l'humanité par son vrai nom et par conséquent, savoir sa nature la plus haute.

-Puisque vous remontez sur l'ensemble de la mémoire de vos alleux, vous aurez également en vous la mémoire du sang du sexe opposé (n'oublions pas, par exemple, que le sang juif est strictement transmis par la mère, non par le père. Vous pensez que c'est un hasard ?). Par conséquent, vous cumulerez en vous le caractère créateur de l'homme et l'adaptabilité éternelle de la femme. En tout évènement, vous saurez exactement que faire et comment vous adapter. Vous ressentirez doublement la réalité.

-Les plaisirs seront décuplés, car vous saurez reconnaître les plaisirs artificiels des plaisirs parfaits, pour lesquels il y aura une absence absolue de contrecoups.

-Devenant véritablement partie intégrante de La Source (Dieu ou le hasard, selon vos convictions), vous l'assimilez en vous... Et vous pouvez l'invoquer. Littéralement, vous aurez un contrôle absolu sur le hasard dans votre vie, et ce contrôle sera employé pour accomplir votre volonté, dictée par une logique transcendante (l'ordre naturel ou l'ordre divin, à nouveau, selon vos convictions.). Une volonté d'unité, de force, d'amour, de pitié et de joie.

-De cette énergie, vous tirerez la pitié. C'est à dire que vous pourrez ressentir pour autrui.

-De cette naissance, vous pouvez mourir en paix, car votre mission ici est accomplie. Des milliers d'années ont peut être été nécessaires, mais à présent, votre serment est accompli. Vous êtes maintenant libre de faire de la vie ce que vous voulez : revenir faire accoucher un autre messie ou aller encore plus haut.

Wanted : Rimbel / 10 956 dead, 5000 alive / Faire une déposition ? [1 témoins]

Commentaires

    enfanter le Messie devant Dieu

    LA PROPHETIE DU MESSIE DES JUIFS

    Commentaire à la prophétie du sensationnel
    Chaque changement de sujet dans le commentaire sera précédé d'une astérisque.

    * Humour : "Repends-toi simonne (regarder sur riposte-catholique les manifestations d'intégristes dont a été saluée la réception de Simonne Veil à l'académie française : c'est édifiant ou ça fait peur) !

    * Les Mayas seraient-ils le seul peuple à s'être montrés incapables de prédire leur propre fin, à l'exception des Troyens dont le mythe se relève à travers l'Empire romain (à travers Enée, prétendu neveu d'Hector, fils d'Anchise et fondateur de la dynastie des Iul : Enée dont la visite aux enfers, guidé par son père Anchise a servi à Dante pour solliciter le secours de Virgile pour le guider dans les cercles de "LA DIVINE COMEDIE") ? Je crois que sont inséparables dans les peuples et dans les individus s'y rattachant, la pensée de la mort et de la renaissance du collectif auquel nous appartenons, à la fois comme miroir de la crainte de notre propre mort, et aussi comme trace que nous sommes engagés dans l'inconscient collectif de la communauté humaine où sont plongées nos racines ataviques et terrestres, nationales et patriotiques, quelqu'universel qu'on se veuille de mentalité. Qu'est-ce qui doit substister si je meurs, et de quelle fin du monde ma mort est-ellel'indice ? Les Mayas seraient-ils le seul peuple à ne pas avoir connu de genre littéraire apocalyptique ? Quoi qu'il en soit, les apocalypses ne concernent que les religions, pas les civilisations. C'est lorsque la guerre de 1914 s'est achevée que Paul Valéry a prononcé sa célèbresentence :
    "Nous autres, civilisations, nous savons que nous sommes mortelles". Ce qui traduisait la perte du catastrophisme religieux au profit de la certitude, un peu hantée peut-être par la découverte du radium, que l'apocalypse serait moins le fait d'une intervention divine, qu'il ne fallait la transférer à la civilisation qui en aurait désormais bientôt les capacités matérielles. On est donc successivement passé de la fin du monde à la mort des civilisations et de la mort des civilisations à la volonté d'un recul historique, d'une régression, d'un suicide de civilisation, qui s'est caractérisé par la volonté de mettre, sinon fin, du moins un frein au progrès technique, ce qui est sans précédent. Suicide de civilisation, dis-je, car quand on n'avance plus, on recule et quand on recule, on est mort. La mort, c'est l'absence d'issue identifiée. Derrière l'apocalypse portative un peu risible que constitue l'écologie politique, se dissimule donc un suicide presque assumé de la civilisation, voire une autodestruction de celle-ci, une mort lente qui croit entraîner après soi la mort de l'humanité, alors qu'elle ne fait que passer le témoin. Mais ce qu'a d'inédit ce passage de témoin, c'est qu'il est volontaire. Il n'y a pas besoin d'une guerre pour que la civilisation se démette. C'est sans combattre qu'elle veut se démettre, la civilisation a perdu l'instinct de conservation.

    *Les "douleurs prénatales" nécessaires à l'avènement du Messie d'Israël me semblent être de l'ordre de cette pensée de la mort et de la renaissance du collectif qui circonscrivent et transcendent nos destinées individuelles. Le moins qu'on puisse dire est que la shoah n'est pas de ces "douleurs prénatales" que le grand rabbinat dans son entier avaliserait comme étant préalables à l'Avènement du Messie d'Israël. Tout au plus, la shoah est-elle employée comme justification diplomatique à la naissance d'un Etat qui, pour respecter le temps de la promesse divine, aurait dû se passer de la diplomatie. Une chose est que le Messie puisse sortir d'une épreuve qu'aurait subie Israël, à l'exemple de ce qu'avait été l'Exode ; une autre est que l'épreuve soit telle qu'il faille y lire comme la configuration du crucifiement par l'extermination d'Israël, l'une des sources de malentendu pouvant aller grandissant entre Israël et le Christ. Cependant, que ce soit la création de l'etat d'Israël ou l'imminence de l'avènement d'un Messie dans ce peuple donneraient la réponse différée au "silence de Dieu" douloureusement observé par les Juifs à Auschwitz et, plus largement, durant l'épreuve qui les a frappés. Où avez-vous pris, cher humble narrateur, que 18 occupants se soient succédés sur la terre d'Israël depuis l'exil du peuple juif ? Pourriez-vous en tenir la liste à ma disposition, pour ma gouverneculturelle ?

    *Israël a le statut de "terre promise", autrement dit de paradis retrouvé à travers un désert rendu fertile. Pour reprendre un peu ce que vous disiez de l'incroyable capacité agricole et d'irrigation par laquelle s'est illusré le "foyer national juif" mis en émigration par théodor Herzl, on s'étonne aussi, du côté de ceux qui auraient volontiers tenu pour l'Algérie française, même une fois la décolonisation de ce pays acceptée dans la résignation. On :
    "Mais quelle est cette capacité qu'a eue la France de transformer le désert algérien en jardin ? Et Et inversement, pourquoi l'Algérie, ayant enfin accédé à l'indépendance après la succession des dominations automane et française, en dépit de la manne pétrolière, de ne pas cultiver ce jardin, mais de le transformer à nouveau en désert ?"
    Laissons cela pour nous souvenir que la racine du "paradis" est un mot persan qui signifie "jardin". Le paradis qui nous est échappé est toujours un jardin de lui-même irrigué qui s'est asséché parce que nous ne lui avons pas donné assez d'eau, ne nous étant pas donnés, à son contact, assez d'oxygène, pour le cultiver comme il l'aurait mérité. Depuis, du fait, nous vivons dans un désert, lieu par excellence de l'assèchement et de l'ensablement, non que cet ensablement induise que le sable reste à sa place : le sable est porté par le vent, tandis qu'il nous empoussière les yeux. Drôle de marchand de sable que celui qui, dans la nuit du désert, nous ferme les yeux, dans le vent qui succède au soleil ! Douloureux paradoxe du paradis que de devoir le trouver en l'état où, perdu, c'est un jardin où nous n'avons plus cours tandis que, retrouvé, c'est un désert à cultiver, et qui ne se fertilisera pas de lui-même. Nous avons un combat à mener auquel nous ne pourrons échapper.

    *Israël étant "une contrée métaphorique", une terre rêvée en tant que terre promise, une utopie, peut seulement en se déterritorialisan, accéder à l'universalisme dont se veut porteuse cette religion, nostalgique d'une terre et errant diasporiquement dans cette nostalgie. Réaliser cette utopie court le risque politique à très long terme de détruire cette religion. Car toute réalisation politique est d'une part inférieure à ce qu'on s'en promet, et la réalisation politique de cette utopie montre d'autre part en particulier qu'elle n'a pu se soustraire à un formidable "retour du refoulé", qui, après que le peuple juif a subi la mort, le voit la donner en proportion dix fois plus importante au moins que ses adversaires palestiniens matés ne la donnent aux ressortissants israéliens, en proie à la guérilla, quand les Palestiniens sont la population qui connaît la plus forte densité du monde, ce qui ajoute aux conditions inhumaines de leur occupation. Non seulement toute utopie se réalisant est décevante, mais elle est aussi mortifère. Et en même temps, dès lors que la religion juive ne caresse pas tellement un rêve de ciel qu'elle ne prend appui sur une terre, peut-on dire que son nationalisme est maladroit ? Ne peut-on pas dire que ce point d'appui terrestre n'est pas sa propre Incarnation ? Ne peut-on pas dire que la religion juive nous ouvre un universalisme inédit en cela précisément qu'il n'a pas la tête dans les étoiles, mais qu'il nous apprend à vivre sur la terre selon une sagesse qui sait jouer avec sa loi ? Et pourtant, il a aussi la tête dans les étoiles, car il vient d'un passé, comme les étoiles nous racontent le passé de l'univers, loin que notre avenir soit inscrit en elles ? Si "nous avons la protection des étoiles de l'univers" (comme l'écrit Nathalie VAN HOECKE), serait-ce pas que, quoi qu'il nous ait fait vivre, nous jouissons de la protection de notre passé ? Mais une chose est de jouir d'une protection, une autre est d'en acquérir le sentiment. La grande affaire de notre vie est d'utiliser notre passé afin qu'il nous protège de le répéter, sauf si, précisément, nous parvenons à en découdre en en découvrant la dimension paradisiaque occultée dans ses traumatismes.

    *"Tout juif doit se comporter comme s'il avait, lui aussi, fui l'Égypte et vu Dieu au mont Sinaï." Cette injonction est même la raison d'être de la subsistance du sentiment religieux juif. Dans un ouvrage éminemment controversé, le cardinal Lustiger avait voulu démontrer que Jésus avait Seul été le "verus Israel". Il revit à travers Son existence les étapes essentielles imparties à la destinée de Son Peuple. A notre tour, nous devons "cultiver la terre sainte de notre âme", ce lieu d'où nous nous sommes exilés et que nous devons d'abord appréhender comme un désert, plein de danger, mais qui se trouve être à notre étonnement "la chambre nuptiale" où nous rejoignons Sa Majesté, car au centre du château de notre âme, le Roi des rois a élu domicile. Il est probable que le but de regagner "la chambre nuptiale" soit de recouvrer la source.

    *Encore me semble-t-il devoir être préciser que la Source ne fait qu'un avec le Terme, qu'il y a, dans le fait que l'un est Commencement et l'autre Fin, non pas chemin, mais condensation d'attraction. Notre vie n'est qu'un grand soupir inspiré. L'expression, quelle que soit la manière dont nous entendons nous exprimer,n'est qu'un moment dans lequel nous ressentons avec une particulière intensité ce soupir et le vide qu'il nous laisse. "La science est d'accord avec nous" pour à la fois nous faire gagner en "vitesse" et en "zen", dans l'acception populaire qu'a prise cette sagesse demandant un travail si minutieux. C'est que le travail n'est que la transpiration de notre inspiration, une transpiration qui nous fait retrouver l'énergie du soupir, l'énergie de nous vider en expirant. Et, quand nous avons bien soupiré, bien travaillé, quand nous nous sommes bien exprimés, bien donnés, nous trouvons cette espèce de vide à la fois salutaire et commateux, dont nous nous demandons pourquoi il résulte du fait que nous ayons mis toutes nos forces à nous donner. C'est le commat de celui qui s'endort après l'amour.

    *"Le hasard et l'imagination", plutôt que d'être des "condiments", sont peut-être des nécessités. L'alternative entre "LE HASARD ET LA NECESSITE" chère à Jacques Monnod, se résout peut-être, moins dans le troisième terme qu'est l'imagination que dans la prise de conscience que le hasard est la Nécessité, parce qu'il n'y a pas de hasard : les coïncidences lèvent peut-être un voile sur l'aspect significatif de ces champs magnétiques, de cette langue des signes qui, si elle devait mener à l'absurdie, ne serait pas parlée par les sourds, ou alors on lui aurait donné un autre nom… Ce n'est pas par hasard que s'appelle langue des signes le moyen de communication qui fait sortir les sourds d'absurdité. C'est là encore un effet de l'attraction sémantique, phénomène si mal connu, si peu théorisé par une psychanalyse, qui a préféré se concentrer sur le lapsus, de crainte de devoir avouer sans doute que le langage était plus finaliste que la magie de l'"inconscient" ne le laissait paraître. Avouer que le langage était finaliste aurait été rompre le charme de l'inconscient, dans lequel la vulgate ne savait pas que Freud tirait une mine de méditations pessimistes, et il n'y avait guère que Jung pour supposer que Dieu, sinon Ses archétypes, pussent y demeurer cachés… Quant à l'imagination, ce n'est qu'une certaine volonté de représenter le monde en s'évadant de la gangue d'infertilité non paradisiaque dont il nous donnela représentation, si nous nous en tenons à la visibilité de ce que nous appelons sa réalité. Mais l'imagination peut aussi bien être une manière, pour nous, créatures créatrices, de mettre en avant-plan les arrière-mondes habités que nous portons en nous.

    *Bien que "ce qui est parfait prête à suspicion", la perfection est inconditionnelle et absente de pièges. "L'élasticité de la fatalité, c'est la liberté" (d'après Baudelaire : ). C'est Peut-être : "CHOIX DE MAXIMES CONSOLANTES SUR L'AMOUR").

    *faut-il détruire nos "géants", ces continents agglutinés par nos émotions, ces empires qui s'opposent à notre "Israël intérieur" : seulement, un continent est synonyme de continence. Détruisons tous nos continents et le risque est grand d'incontinence, d'insularité de notre quête d'aller à la reconquête de notre "Israël intime". On pourra me rétorquer qu'il suffit que beaucoup veuillent pour changer la représentation collective d'un "c'est impossible" en un : "Autre chose est né", un monde de surhommes à la fois totalement individualisés et ayant une volonté commune. L'une des croyances pour qu'advienne le Messie, en dehors des "douleurs prénatales à cet avènement" est qu'il suffirait qu'un homme se mette à pratiquer un seul des mitsvoth ou commandements, à respecter intégralement l'intégralité des shabbats, bref, devienne une île. Mais cette insularité nous fait sortir de continence, est héroïque, demande, quoique le but soit de se libérer, de livrer un "combat sacré" et singulier,, au cours duquel la liberté n'est pas le bonheur. La liberté ou le bonheur ? La liberté ou la mort ? Pourquoi devons-nous tant marchander avec la liberté ? Serons-nous ces héros qui, ayant le courage d'être une île, feront tomber toutes les digues et toutes les écluses, tous les barrages humains, toutes les objections ?

    *Notre ennemi intime est peut-être notre antimoi comme l'antimatière n'a dû de ne pas exister qu'à l'émergence victorieuse de la matière. Mais ne pas exister pour l'antimatière ou l'antimoi n'implique pas qu'elle soit tombée dans la négation. L'antimatière ou l'antimoi sont impliqués par l'existence au sens le plus plein et éternel de ce terme. L'antimoi ou ce qui s'oppose au genre humain sont tout un. C'est sans doute cela que la théologie a appelé le diable. Cela a une réalité. C'est aussi peut-être pour cela que le Christ nous a recommandés d'"aimer nos ennemis", mais de ne jamais aller si loin que nous en venions à "aimer notre ennemi intérieur"…, notre antimoi, celui que, sur ce plan d'existence, nous devons combattre avant d'aimer, celui-là seul sur qui doit s'exercer notre instinct prédateur, celui dont nous devons faire une proie avant de le clouer avec nous sur l'Arbre de la Croix, celui dont nous devons faire une proie afin que ce ne soit pas le tout que nous ayons détruit les empires dont les émotions de puissance nous empêchaient d'accéder à notre "Israël intérieur", mais que nous soyons, en les détruisant, devenus tellement antiimpérialistes que nous soyons sortis de la logique de la prédation et du rapport de forces. La dernière illusion que nous devons détruire, si nous entrons dans la logique qui nous est ici proposée, c'est celle que notre perfection supérieure ne soit pas égale à toutes les perfections supérieures. Sans quoi nous courons le risque de ne promouvoir qu'une anarchie des surhommes qui n'aboutirait en fin de compte qu'à la même impasse d'un individualisme de puissance où s'est enféré le pouvoir qui n'a jamais réussi à se purifier de sa propre fascination. Si la pertinence du surhomme a jusqu'ici été fuie comme incontinente, c'est pour la raison qu'on n'a jamais vu, les instincts de la bête humaine aidant, qu'elle pouvait déboucher sur autre chose qu'un décuplement de volonté de puissance qui serait devenu despotique à force de confiance en soi. Il est possible que l'on puisse aimer Dieu et l'argent, mais on ne peut assurément pas aimer dieu et le pouvoir que donne l'argent,, et c'est pourquoi le Christ nous a avertis de cette impossibilité de servir deux maîtres à la fois. Le danger du pouvoir que prend le surhomme est contenu dans cet encouragement prodigué dedans ce texte même :
    " les amis. Ne pensez-vous pas qu'une fois que vous aurez enfanté de votre messie, vous présiderez leurs soirées -minables- ?" Mais c'est qu'il ne s'agit plus de présider quoi que ce soit...

    *Pour trouver ses vrais plaisirs, il faut s'étudier en vue de s'ordonner, discerner ses plaisirs comme d'autres font des esprits, de crainte que le faux plaisir ne singe (comme le diable est le singe de Dieu) ceux qui nous feraient vraiment du bien. De cette étude de soi, se dégage l'indépendance d'esprit. Telle est la thèse de ce paragraphe, thèse inattaquable, mais où l'idée d'ordre revient taquiner une âme qui ne marche qu'au plaisir… désordonné, à l'anarchie de ses conquêtes du plaisir, si est intenable l'anarchie des pouvoirs que prendraient sans abdication tous les hommes qui voudraient devenir dieux, sans avoir appréhendé si le pouvoir de devenir Dieu leur a été donné par leur Instance créatrice ou est un interdit qu'ils se plaisent à braver, pour complaire au serpent qui les a séduits que, si nous mangions du fruit défendu, Dieu Sait bien que "nous serions comme des dieux", ce qu'Il ne voudrait pas d'après le serpent. C'est le serpent qui insinue qu'il puisse y avoir une perversité de Dieu. Mais quand bien même voudrait-on se défaire de l'impératif qui nous rend si dépendants du plaisir que nous le voulons immédiat, fût-il faux, que ce soit dans l'abolition du pouvoir ou dans la prise de pouvoir sur nous-mêmes, nous ne pouvons nous affranchir d'un ordre qui, pour ainsi dire, hiérarchise notre anarchie. Si la liberté peut différer du bonheur (en cela au minimum qu'elle fait de nous des êtres solitaires, insulaires), le plaisir peut-il s'assujettir à un ordre et notre dépendance au plaisir coexister avec la nécessité de cet ordre ? N'est-ce pas ici que nous ne pouvons faire l'économie d'un combat si supérieur que, si nous sommes l'ultime objet de la victoire de ce combat, nous serions tentés d'y déclarer forfait, à la fois pris d'un découragement devant la vanité d'un tel objet et pris d'une crainte supersticieuse que, si ordre il doit y avoir, ce ne peut être à fin de nous, l'ordre étant l'attribut de la Transcendance, ce qui nous légitime à voir dans cet ordre un indice que la Transcendance s'oppose à ce que nous nous transcendions nous-mêmes, sans attendre le dépôt qu'elle veut nous faire de cette souveraineté ? La seule façon de ne pas s'écrouler devant cet ordre dont nous n'avions pas perçu la nouvelle menace pour notre anarchie physique est peut-être de nous demander devant Dieu qui nous sommes. Et de fait, le fait de cultiver notre "terre sainte intime" ne va pas sans la référer à la source de la sainteté qui est au centre de notre âme, d'où notre âme coule de source et vers Où elle retournera, quand elle sera (elle ou notre corps) en phase terminale.

    *D'expérience, je confirme qu'on ne boit pas par goût, mais par "esprit de vin". L'"esprit de vin", c'est ce qui nous fait croire, avant qu'on y ait jamais goûté, que le goût du vin, avec lequel on a choisi que notre langue entrerait en connivence, serait, non notre accélérateur de particules, mais d'émotions. Où se situe donc le leurre ? Dans l'imagination. Or que déploie l'imagination ? Un arrière-monde qu'elle met sur l'avant-scène.

    *Il faut nous visualiser dans notre état mental pour laisser les faux plaisirs rester dans l'état spectral.

    *J'aime que notre "humble narrateur" ait ici involontairement substitué au passage à la litanie des "plaisirs naturels et nécessaires" à quoi voulait s'en tenir Epicure "les plaisirs naturels et sincères".

    *"Les pensées juives sont des pensées d'étude... et de souvenir".

    *"Le peuple est un monologue", non seulement en tant qu'on peut soupçonner qu'il parle une seul langue (auquel cas il est monoglotte)mais il est aussi porté par une intuition, des obsessions et des croyances qui, l'emportant sur toutes les autres, deviennent son identité et son génie.

    *"Connais-toi toi-même" : La sentence inscrite au fronton du Temple de Delphes est généralement citée incomplètement. La manière dont elle est complétée en rend une raison extraordinaire :
    "Connais-toi toi-même et tu connaîtras l'univers et les dieux".
    Autrement dit, il n'y a que depuis la source de ce réceptacle que l'on est, que peut partir en nous l'Amour de Dieu. C'est une erreur (que je ne dénoncerai jamais assez) du catéchisme chrétien que d'avoir voulu qu'on aime Dieu premièrement et les autres en fonction de Lui et nous-mêmes en fonction des autres. Nous ne pouvons au contraire aimer Dieu qu'à partir de ce que notre connaissance de nous-mêmes peut nous en faire découvrir. Et, puisque Dieu a décidé de devenir les autres, nous pouvons les aimer à la mesure de cet étonnement. Cet étonnement peut prendre de telles proportions qu'il peut arriver (comme j'ai vu un de mes amis aller jusqu'à le croire) que nous nous demandions si les autres que nous aimons ou que nous croyons avoir rencontrés existent vraiment. Ceci peut être une source de grave confusion si nous croyons les autres émaner de nous. Mais si nous les supposons émaner de Dieu, c'est-à-dire s'il peut nous arriver de croire que telle personne que nous avons rencontrée n'existe pas dans la réalité, mais est une pure et simple apparition de Dieu qui ne dit pas Son Nom, alors l'autre à travers cette personne prend soudain une figure si extraordinaire que l'amour des autres atteint une perfection de se savoir un double de l'Amour de Dieu, même s'il ne faut pas rester dans ce déni de réalité. On cite souvent cette anecdote arrivée à sainte-thérèse d'avila : elle rencontre un enfant dans la rue.
    "Comment t'appells-tu", demande-t-il à la carmélite.
    "Thérèse de Jésus, lui répond celle-ci. Et toi, quel est ton nom ?"
    "Jésus de Thérèse".
    Et aussitôt dit, l'enfantde disparaître. Plus prosaïquement, cette identification de Dieu aux autres a toujours lieu dans le Mystère de l'inconnaissance de cette dignité qu'ils ont. Vouloir surjouer cette dignité, c'est vouloir nous enchaîner et feindre de maîtriser un mystère qui nous doit le rester. Il faut mettre cette surprise dans un coin, d'autant que, de même que ce n'est que de notre fonds que peut partir l'Amour de Dieu (et non pas de la certitude intellectuelle que "Dieu nous a aimés le Premier"), nous sommes reliés, indépendamment de tout Amour de Dieu et en recevant l'avertissement par la simple connaissance des autres rapportés à nous-mêmes, au monde entier par la télépathie générale qui, loin de laisser croire à la séparation entre "moi" et "les autres" dont se bernent ceux qui veulent voir du divorce là où il y a du courant, met de la circulation entre les êtres à travers toute la Création. C'est donc naturellement et par instinct que nous nous savons reliés aux autres, et il faut faire confiance à cet instinct avant de redoubler cet amour d'une dignité divine qu'il a en effet, mais qu'on ne peut connaître que par surcroît et par surprise.

    *Nous enfantons le Messie. Nous sommes comme la sainte Vierge. Nous enfantons le Messie plus que Sainte-thérèse de l'enfant Jésus qui ne voulait qu'en être "la petite balle". Nous ne sommes pas les jouets de Dieu. Nous sentons bien que Dieu veut grandir en nous. C'est dans la mesure où nous lui offrons notre croyance qu'il peut tirer de nous Sa Croissance. Celle-ci s'accompagne-t-elle de notre diminution ? Est-ce qu'une mère dont son enfant se nourrit augmente de volume ou est en déperdition quasi anorexique ? Nous connaissons la réponse physiologique.
    "Il faut qu'Il croisse et que je diminue", avait dit Jean-Baptiste. Et, si louable était ce voeu d'humilité, cela ne l'a pas moins fait finir en prison parce qu'une jeune danseuse sur les tables, Salomée, fille d'Hérodiade, avait demandé sa tête. Or, avant son exécution, il avait eu des doutes si celui qu'il avait reconnu et baptisé était bien celui qui devait venir. Croyons en cet enfantement de Dieu qui n'entraîne en nous de déperdition que si nous concédons à ce point à Dieu notre substance que nous nouseffacions. Or Dieu veut être aimé dans notre substance. Comment serait-il aimé dans notre atrophie ?

    *Le début de l'hymne national israélien donne en traduction française :
    "Garde l'espérance" !

    Julien WEINZAEPFLEN

    Posté par julien weinzaepf, 27 juin 2010 à 00:44

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