Sensationnel ? Universel.

Seule la beauté peut sauver le monde (Dostoïevski)

22 avril 2010

Jouir de soi

Jouir de soi est un indice du ressenti indiquant la communion.
Un trésor de marin dans l'océan qu'est la foi en son soi.

Cthulhu_Jason_Cottle_2_

Et la plume ayant déjà servi le dessein qu'est le mien, celui de mettre à jour les mystères de la Sensation sous toutes ses formes, pour ensuite les organiser en littérale cathédrale - Demeure de la transcendance ; une note plus bas module ce qui peut faussement être pris pour de la prétention -, je ne m'attarderais pas en cette conclusion annexe.

En communion avec la personnalité de l'Homme premier, incarnation de l'âme humaine dont vous êtes un élément.
Déduction, compréhension, amour inconditionnel, contemplation, désir etc.

Nous sommes tous une seule et même personne.
Et nous ne sommes jamais nés en individus avant de naître consciemment, de décider de venir au monde. Et pour venir au monde, il faut apprendre le langage du ressenti. Le langage dont nous sommes, tous ensemble, un alphabet.

Et nous allons parler alphabet et mathématique d'ici très peu de lignes ; gardez donc en mémoire cette idée de langage, je vous prie, quelle lettre que vous soyez, et devant laquelle l'outil qu'est mon élégance même se brunit lorsqu'elle s'affirme en un immense et terrible :

"Je m'appelle B".

---

Jouir de soi.

Avez vous déjà fait un avec ces instants merveilleux ou vous parvenez à "vous ressentir" ?
Je vais employer un exemple universel et assurément d'actualité, puisqu'apparement sujet à une récente rediffusion télévisée : Le silence des agneaux. D'autres seraient plus parlants, s'ils n'avaient pas la malchance d'être hermétiques en comparaison : du "diable boiteux" de Sacha Guitry à  "Colonel Chabert" de Balzac en passant par l'admirable jeu d'acteur de Jeremy Brett.

Mais reprenons.
Devant Clarice abasourdie, le personnage d'Anthony Hopkins se plait à la comprendre puis à exprimer à haute voix tout ce qu'il a déduit sur elle par sa simple tenue vestimentaire : Origines, affiliation, motivations profondes etc.

Cela est peu intéressant.
Le livre s'étend déjà beaucoup trop à idéaliser les compétences de Lecter, selon moi, à un degré tel qu'il lui fait perdre à terme toute crédibilité. L'infaillibilité est une perfection et la perfection est suspicieuse. Le seul élément interessant réside dans le jeu d'acteur d'Anthony Hopkins, qui parvient avec brio à faire transparaître à l'écran la pensée profonde du personnage, exultant.

Il jouit de lui même.
En communion avec son être le plus haut -La déduction, trait d'esprit qu'il incarne- il est assuré en cet instant que rien au monde ne pourrait plus le rapprocher de son idéal que cet instant, que ces paroles. Il peut sans la moindre hésitation affirmer "Voilà ! ÇA, c'est moi !". Mais regardez plutôt la scène en question :



Les opportunités d'être soi sont nombreuses ; mais convenons que c'est une rare impression de se ressentir parfaitement en osmose avec soi, sans influence aucune, sans masque.

Vous êtes la contemplation ?
Alors, lorsque vous êtes pleinement contemplatif... Vous mettez la main sur une émotion, oserais-je dire. Vous pourriez presque mettre le mot sur cette étrange impression qui vous saisit, cette... Félicité.

Mais ce n'est pas une émotion, ce n'est pas même une Sensation.

C'est vous, tout simplement. Vous vous ressentez directement, sans obstacle ; considérez vous comme une radio en constante recherche de sa chaîne. Vous l'entendez constamment derrière un mur de larsen plus ou moins opaque... Et soudain, vous y êtes.

Aucune interférence.

Il est absolument hors de question d'aborder l'idée d'auto-satisfaction, d'égo gonflé à bloc ou d'un personnage que l'on aimerait incarner. Cela n'a absolument rien à voir et est à balayer d'un rapide revers de la main. Car il ne s'agit pas de vouloir être quelqu'un étant donné que vouloir quelque chose est affirmer le manque de cette chose. Or votre idéal n'est pas un objet à trouver, il est une lumière à allumer. Enfin soyons logiques, les fils électriques ont toujours été là, il ne manque rien qu'il faudrait ajouter, et donc précédemment chercher !

Comment, alors, parvenir à notre idéal à volonté... Sans le vouloir ?

Easy ! Les plus simples mathématiques qui soient : les additions.
Constatez à nouveau que le Sensationnel est résolument physique. L'idéal Sensationnel suit les mêmes lois physiques que les ondes radios, le ressenti suit celles du feu et ce qui arrive suit les logiques élémentaires des mathématiques, que l'on retrouve partout.

D'ou ma soudaine conviction que le Sensationnel est une foi ET une science.
Il incarne les deux pôles de la vérité, pourtant définis comme contraires. Mais il confirme donc qu'une vérité n'est telle que lorsque son contraire partage sa même nature.
Prudence à TOUJOURS conserver le Sensationnel dans ce mouvement alternatif, car résolument productif pour des raisons expliquées dans l'article "Adam ou Chuck Norris, c'est selon". La seconde raison est purement théologique : Lucifer est l'incarnation de la rationalité à l'assaut de l'intangible, avec échec. Prudence donc à ne jamais faire du Sensationnel une rationalité, non, non. Il doit demeurer le résultat de mes compréhensions.
Mais reprenons nos mathématiques.

L'humain est un langage, l'individu est une lettre, les humains sont des phrases.

Jusque là, très bien.

Chaque personne qui a croisé votre vie, chaque évènement qu'il a entraîné, est donc une lettre. Une fois que vous avez l'alphabet en tête, la somme desdites lettres forme un mot, un nom plutôt.

Celui votre plus haute nature, car inéluctablement le résultat de la somme.

C'est "le cri" du bébé que nous avions précédemment mentionné. Une fois connaisseur de votre nature la plus haute -Déduite et non devinée, car il ne faut jamais deviner-, vous êtes assurés de pouvoir communier sans tomber dans le piège de "vouloir être un personnage".

Wanted : Rimbel / 10 956 dead, 5000 alive / Faire une déposition ? [1 témoins]

Commentaires

    coup de coeur pour cet article

    coup de coeur pour cet article :

    Organiser la sensation en Littérale cathédrale, demeure de la transcendance : superbe développement de ma pauvre ambition de faire une "cathédrale littéraire". Dans mon cas, il n'y a que le désir de faire une œuvre pour la postérité. Dans le tien, il y a le désir de faire littérature consistant à dépeindre la sensation au plus juste (ici est le travail littéraire), à l'organiser ensuite (là où il y a transcendance, il y a Ordre nécessairement), pour mener par elle à la Transcendance, selon cette idée que tu suis avec tant de fidélité que Dieu, pour notre compréhension, est LOGIQUE DE LA SENSATION, ce qui m'a fait plancher en son temps sur "LE QUADRILATERE DE LA PENSEE".

    Nous avons choisi de venir au monde : nous avons choisi notre incarnation.

    Et pour venir au monde, nous avons appris le langage du ressenti.

    "L'infaillibilité est une perfection et la perfection est suspicieuse. (suspecte ?)

    "Or votre idéal n'est pas un objet à trouver, il est une lumière à allumer."

    "comment parvenir à notre idéal à volonté sans le vouloir ?"

    "D'ou ma soudaine conviction que le Sensationnel est une foi ET une science.
    Il incarne les deux pôles de la vérité, pourtant définis comme contraires. Mais il confirme donc qu'une vérité n'est telle que lorsque son contraire partage la même nature." Prudence à toujours relier la sensation au courant alternatif."


    Je comprends mieux ce que tu veux dire par : "JE SUIS UNE SOMME". "Déduite et non devinée." : notation d'autant plus fine qu'auparavant, tu avais allusion à Lecter/antony Hopkins qui se contemple, pouvant presque se dire :
    "JE SUIS LA DEDUCTION", comme d'autres pourraient se dire :
    "JE SUIS LA CONTEMPLATION".

    J'observerai cependant une différence avec toi : je ne crois pas que nous soyons une émotion, je crois que nous sommes une formule. se vouloir une émotion reviendrait à faire ce que l'on reproche aux théologiens d'avoir tenté : savoir faire de soi un attribut et non plus un nom sujet. On reprochait de même à Maupassant d'avoir réduit ses personnages à un seul sentiment. Dans mon hypothèse que nous sommes une formule, qui transforme un peu la tienne selon laquelle nous sommes une lettre, mais ce n'est qu'une question d'échelle, nous avons un message à énoncer. Là où ton idée de définir le "moi" en lien avec son émotion la plus profonde peut se révéler plus productive, c'est lorsque, venant au monde, tu donnes à l'enfant de pouvoir expirer, exprimer pour jamais dans un cri cette émotion. L'autre a la joie de nous voir naître, quand nous avons la douleur d'être nés. Par la suite, cela s'inverse souvent : l'autre a la douleur de nous voir exister sur un mode qui ne lui convient pas, quand nous avons la joie de nous affirmer, quand ce n'est pas de nous poser en nous opposant, comme on dit un peu stérilement. Quoi qu'il en soit, dans ce mystérieux premier cri, sur lequel on n'aura jamais fini de s'extasier, le paradoxe, c'est que nous expirions d'avoir été inspirés. Nous expirons une émotion que nous passerons ensuite notre vie à nous inspirer, si ce n'est à l'inspirer aux autres.

    Julien

    Posté par julien, 05 juin 2010 à 18:19

Poster un commentaire