Sensationnel ? Universel.

Seule la beauté peut sauver le monde (Dostoïevski)

22 avril 2010

Lisez "la quête du Graal". Les Monty Pythons en deviennent encore plus drôles !

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Votre humble narrateur vous salue.

Avertissement : Cet article peut paraître méchant. J'espère que la chute vous amènera à la conclusion qu'il ne l'est que dans la forme, le fond étant, je crois, simplement altruiste. Qu'on puisse me lire sans passion et me quitter sans regret est insignifiant ; qu'on me comprenne mal est par contre vexant.


Aux contextes successifs des photographies de Stéphanie - majoritairement réussies et agréables -, une idée sans suite est venue se glisser à ces instants de sociabilité. La distinction entre la sensibilité et l'intelligence.

Loin de moi l'idée de m'emporter contre le manque de discernement qui mènerait à concilier ces deux aspects d'un individu, à les condenser en un seul et même trait de l'âme. Cette indistinction ne se heurte qu'à un mur objectif, à la lisseur chaste de mon indifférence, sinon, d'une analyse soumise à votre avis, avis que je trouve toujours digne du plus grand intérêt, en particulier lorsqu'il est en contradiction. A la seule condition que celui-ci ne soit guère dénué d'esprit, sinon, il n'est qu'expression d'une sensibilité peut être piquée à vif par des écrits que j'ai l'affreuse et terriblement honteuse prétention d'imaginer d'une vague virilité vaguement blessante, sinon surprenante.

Et c'est justement l'intérêt de cet article : Distinguer l'esprit de sa sensibilité.

C'est que la flatterie à autrui me semble théoriquement louable ; et Dame, que je préfère l'idée d'un monde aveuglément et communément flatteur entre ses représentants plutôt qu'un monde dans l'automatisme du sarcasme et de la moquerie. Néanmoins.

Dans la pratique, la flatterie, sinon le véritable "cirage de pompes" auquel nous avons généralement l'occasion d'assister me semble déplacé, non pas par sa bêtise mais bien par sa nature à glisser sur l'élément véritable à honorer, pour finalement se tromper de cible. Je parle de la mode consistant à louer la sensibilité d'un être, la croyant être son intelligence. Et je ne m'emporterais pas contre cette idée si elle n'entraînait pas la prétention particulière desdits aristocrates de robe aux cours de flatteurs, ces auréolés de carton qui, par leur sensibilité justement, croient leur cour sur parole et se sentent de ce fait supérieurement intelligents à cette dernière.

On peut d'ailleurs mettre l'idée en parallèle avec le talent. les flattés sur un quelconque don en musique, au dessin, en mode ou même en prose ne peuvent pas s'empêcher de se sentir immédiatement artistes à la moindre flatterie de leur don, même si celui-ci est encore un fœtus disgracieux. Ce qui est très problématique, la moindre contestation de ce couronnement rapide n'ayant alors d'effet que de faire croire à l'intéressé qu'il est, en plus d'un artiste, un artiste incompris...  Mais Dame, que l'art est loin, immensément loin du simple talent ! Un bonhomme talentueux, mais qui ne sait pas à quoi peut concrètement servir son don -Que dire, que comprendre, qu'exprimer, comment, à qui et pourquoi-, se contentant de créer à sa capricieuse humeur et d'exposer pour s'attirer le cirage de pompe de la Plèbe flatteuse, ce bonhomme est pour moi tout -du pire au plus flatteur- sauf un artiste.

Si je conteste cette idée, c'est qu'il me semble essentiel de parvenir à connaître les aspects de soi avant de s'en sentir maîtres, sinon doués. Parcequ'on ne touche la vérité qu'en la nommant ; et s'il est une chose, une seule et unique chose que je devais désigner par le plaisir, c'est bien celui de la vérité, condiment nécessaire à la beauté. Par conséquent, il convient d'analyser les rapports de mutation entre la sensibilité et l'intelligence, rapports qui pourraient justifier la maladresse de cette indistinction.

Premièrement, il est vrai que ces deux natures sont alternatives et parallèles, donc assurément liées par un quelconque condiment commun. Lorsque je parle de lien alternatif, j'entends l'idée de la modération, sinon de l'établissement de frontières. Contredisez moi à merveille ; mais mon impression générale est qu'on établit des frontières volontaires à l'intelligence lorsque la sensibilité est mise en avant et inversement - Comme le pénis et le cerveau, organes alternatifs certes ; mais leur porteur ne dispose pas d'assez de fluide vital, de sang, pour les faire fonctionner en même temps... -. Je passe outre ma première indignation ; pourquoi mettre volontairement des frontières à ces natures ?

Je ne pensais jamais citer un jour "Emile ou de l'éducation" de Rousseau, que je supporte vraiment mal. Mais lorsqu'il parle des enfants qui hurlent parcequ'ils sont emmitouflés dans de lourds vêtements et bandoulières, serrés au point d'en étouffer la pauvre demi-portion alors que celle-ci ne demande qu'à être nue, libre de ses mouvements et de ses rires -Ses poumons eux même sont comprimés-, je ne peux m'empêcher de faire le lien avec les bandoulières trop serrées dans lesquelles sont déposées les intelligences aux traits crispés d'inconfort quand ils pourraient être purs, enfantins justement. Jetons les bandoulières, jetons les landeaux, que les marmots de l'intelligence/sensibilité puissent courir nus et se développer sans entrave, ainsi que le font les très honorables tribaux Africains, Amérindiens, Kurdes et Aborigènes ! Ne finissent-ils pas par disposer de la meilleure vitalité et longévité, de muscles élancés que le monde entier jalouse ? Tenez la main au marmot si cela vous chante ; mais cessons de l'étouffer !

Mais la ou la sensibilité se distingue de l'intelligence, c'est dans le fait que les passions - filles avouées mais déshéritées de la sensibilité -, poussées au paroxysme, touchent la foi d'un individu. Et une fois la foi touchée, que les voisins aient la foi, car ils ne pourront jamais avancer une quelconque contradiction sans passer pour des salopards (Déscendez un film de Pasolini, pire, la prétentieuse nouvelle vague devant un "cinéphiiile". En dépit de toutes vos qualités, il vous haïra avec sincérité) C'est ainsi que je distingue un philosophe d'un quelconque réactionnaire, par exemple. D'un féministe de pensée avec une frustrée sectaire. Toute contestation, même intelligente (citez Elisabeth Badinter devant un individu devenu féministe par sensibilité et non par intelligence, et négligez de lui dire de qui proviennent vos citations, vous risquez sincèrement de vous faire agresser. Madame Badinter est pourtant l'une des sacro-saintes fondatrices du féminisme tel que nous le connaissons !) mène à vous ranger du coté de ce qui est contraire à la foi, donc à la sensibilité de votre interlocuteur. Tentez, à vos risques et périls, les deux expériences sociologiques ci dessus ; vous en ferez naturellement ressortir les différences entre intelligence et sensibilité.

Selon moi, on peut résumer les paragraphes ci dessus en ces deux phrases :
-Sensibilité mène à la subjectivité et à la foi.
-L'intelligence mène à l'objectivité et à la raison.

Mais ne me faîtes pas dire ce que je n'ai pas dit.
Jamais je n'ai dit que les sensibles étaient dénués d'intelligence. Au contraire, j'encourage ouvertement à assumer sa sensibilité et même à la développer ; Il faut être sensible, la subjectivité est un cadeau constant, la foi est un trésor de ressenti.

La seule chose qui me dérange, c'est que l'on flatte constamment la sensibilité (le talent ?) d'autrui en la prenant pour son intelligence (ou sa nature d'artiste). Puisqu'elles sont compatibles, puisqu'elles devraient l'être en tout instant à la condition de ne pas les censurer, alors flattons-les séparément !

Flattez, oui, mais avec justesse. C'est la seule morale de cet article.


Et commencons par flatter ceci, d'ailleurs... Assurément la plus belle chanson de Benjamin Biolay, l'un des rares véritables poètes de la scène publique, à mes yeux.



Simon Weinzaepflen

Wanted : Rimbel / 10 956 dead, 5000 alive / Faire une déposition ? [0 témoins]

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